Fukushima : les tweets d’un poète

avril 2012, 50 ans après Tchernobyl, voici en échos des mots lancés de Fukushima.

« Jets de poèmes », rassemble les tweets d’un poète japonais lors de la catastrophe nucléaire.

Ryôchi Wago twitte de sa chambre qu’il n’a pas voulu évacuer depuis la catastrophe nucléaire. Il ne sort pas : crainte des répliques du séisme et des variations de radioactivité.

Le poète trouve refuge dans les mots pour exprimer son angoisse du temps qui tout à coup s’est arrêté sur Fukushima, la ville irradiée. Il écrit sur son ordinateur :

 » Demain aurait dû avoir la cérémonie de fin d’études à l’école primaire. Tout ça n’existe plus. »

Il écrit aussi: « C’est la fin de Fukushima et du Japon aussi. »

L’eau est rouge : « Nous n’avons pas d’approvisionnement. Voilà une semaine que je porte des vêtements sales. Et à la vue de l’eau de la baignoire toujours rouge… »

Un peu plus tard : « J’ai donné des coups de poings dans les murs de la salle de bains. Quand j’ai eu mal aux poings j’ai frappé du plat de la main. Je me suis roulé par terre de rage comme un enfant capricieux. Puis j’ai sangloté bruyamment. Et l’eau continuait à couler sans répit, toujours rouge.  »

Il continue : « J’ai revêtu un autre moi. »

Et plus tard : « Et maintenant je suis reconnaissant du retour de l’eau. J’ai honte de moi, quand je pense à la situation des survivants du séisme dans les camps. Je joins les mains : pardon. »

« Attention, une réplique. Des milliards de chevaux enragés passent sous la terre au galop. »

« Attention une réplique. Des milliards de chevaux en pleurs passent sous la terre. »

« Dans l’univers, dans le monde, dans cette pièce je suis seul.Alors vous chevaux, enfouissez colère et désespoir au plus profond. »

La terre gronde peuplée des ancêtres, peuplée de chevaux qui expriment leur colère contre l’absurdité d’une telle catastrophe.

Grâce à tweeter il lance ses poèmes comme un jet, témoigne minute après minute de la naissance d’un homme nouveau après, après la catastrophe :

« Il a traversé cette pluie l’enfant de Fukushima. »

« pour toi       cette aube     est la toute première. »

« Merci à toi d’être né. »

 » Il n’est pas de nuit sans aube. »

Depuis le 11 mars 2011, Ryôchi Wago n’a pas quitté sa ville.

Jets de poèmes est publié en français aux éditions Po&Psy.

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s