Tu seras la mère

 » Tu es issue d’une lignée de femmes qui portent, supportent. C’est toi qui hériteras des fardeaux que tes aïeules t’ont légués. je te les dirai. Tu les combattras pour que s’éteigne la chaîne des tourments. Après toi, ta fille et ses filles, enfin seront libres.

  • qui es-tu?
  • Je suis la douleur, mais non la douleur vaine et triste qui jette un voile sur ta vie. Je suis celle qui éclairera ton chemin. Je brille dans l’effroyable nuit qui entoure les femmes depuis trop longtemps. Je suis plus que l’espoir, je suis le gage de votre succès sur le chemin de la liberté de dire non. Tu connaîtras ainsi mieux le but de ton combat pour la paix des femmes. « 

La voix durant des nuits jusqu’au petit matin éblouissant me raconta les mystères de mères, mes aïeules: Séverine, ELLine, Marie, Dame Léceline et La Pierreuse alias Lucie, et tant d’autres histoires de femmes que je n’ai pas contées ici.

Disponible à vos commentaires sur Amazon.

https://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=tu+seras+la+mere

 

Publicités

En compétition à la journée du manuscrit

J’ai le plaisir de vous informer de la sortie de « ILS NE DESIRENT GUERE QUE LA PAIX » 11 nouvelles pleines d’humanité.
Ouvrage en compétition à la journée du manuscrit.
Alors lisez, likez et commentez. Pour un coup de pouce.
 
Assaâd, après avoir pris la difficile décision de quitter Alep en Syrie, échoue sur une plage grecque. En Espagne, Isabel et Alexandra sauvent Hafed, le chasseur de nuages. Aïssa, la très jeune congolaise, va être mariée à un vieux de 30 ans. Janice a ses raisons de fuir l’Erythrée. Yuliya dirige les répétitions du Théâtre indépendant de Biélorussie par skype. Ils ont tous en commun une vie de réfugié sauf Arezu de Téhéran et Camille la parisienne.

Que s’est-il passé cet été?

Beaucoup de belles choses.

La publication de ILS NE DESIRENT GUERE QUE LA PAIX aux Editions du net. Vous en saurez plus bientôt.

RENCONTRE AVEC VINCENT remporte un grand succès. Je l’ai fait traduire en anglais.

Vous entendrez parler d’un voyage/randonnée dans un pays fabuleux où l’on est accueilli avec des fleurs et où les toits des pagodes sont en or! La Birmanie dont j’ai ramené quelques instantanés mis en mots qui vous feront voyager, je l’espère!

Une nouvelle amie : Mary Bransiecq, accordéoniste classique avec laquelle j’ai travaillé pour préparer la lecture de mon ouvrage CARTE DE TENDRE. Galop d’essai à la bâtie d’Urfée samedi dernier. Un moment délicieux!

Et… je viens de publier sur Amazon TU SERAS LA MERE, recueil de 5 nouvelles.

Tu seras la mère  jette un regard la fois poétique et réaliste sur la condition des femmes et le chemin que certaines parcourent vers l’affranchissement. ELLine, Séverine la peintre, Marie la Sainte, Dame Léceline et La Pierreuse alias Lucie sont des mères qui entretiennent un rapport de force avec la violence du monde, l’abandon, l’injustice ou le viol. Leurs récits au-delà des époques et des nationalités sont éminemment humains et posent aussi les questions de la foi. Sans la foi que seraient-elles devenues ? Contre la foi, que deviennent-elles ? Splendide univers dans lequel ces héroïnes conduisent les mères vers la liberté et la sagesse, contre le malheur.

Voilà, vous savez tout ou presque, je vais charger des photos.

 

 

 

Ils ne désirent guère que la paix

Assaâd, après avoir pris la difficile décision de quitter Alep en Syrie, échoue sur une plage grecque. En Espagne, Isabel et Alexandra sauvent Hafed, le chasseur de nuages. Aïssa , la très jeune congolaise se demande pourquoi on veut la marier à un vieux de 30 ans. Janice a ses raisons de fuir l’Erythré. Yuliya dirige les répétitions du Théâtre libre de Minsk par skype. Ils ont tous en commun une vie de réfugié sauf Arezu de Téhéran et Camille la parisienne.

« Ils ne désirent que la paix » est un recueil de 11 nouvelles militantes inspirées de situations réelles.

Disponible en format papier (broché) et kindle sur Amazon ou contactez-moi.

Je serai heureuse de lire vos commentaires.

La nuit d’août

Je rerouve ce poème qui aurait pu inspirer les textes de Carte de tendre, un ouvrage à savourer tant pour les peintures de Pétra que pour les textes de Christine.

Carte de tendre sur Amazon broché (papier) ou kinddle (version électronique).

La nuit d’août

LA MUSE

Depuis que le soleil, dans l’horizon immense,
A franchi le Cancer sur son axe enflammé,
Le bonheur m’a quittée, et j’attends en silence
L’heure où m’appellera mon ami bien-aimé.
Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;
Des beaux jours d’autrefois rien n’y semble vivant.
Seule, je viens encor, de mon voile couverte,
Poser mon front brûlant sur sa porte entr’ouverte,
Comme une veuve en pleurs au tombeau d’un enfant.

Les racines de Van Gogh

Il  y a  126 ans, le 27 juillet 1890, Van Gogh, las de chercher son équilibre dans ce monde  se supprimait.

Trois racines, une oeuvre emblématique de l’artiste : trois racines en déséquilibre, il le dit lui même : « J’ai vécu ainsi ».

Vous comprendrez toute la signification de cette oeuvre si vous lisez Rencontre avec Vincent ( en format Kindle ou broché (papier)) en suivant ce lien :

https://www.amazon.fr/Rencontre-avec-Vincent-Van-Gogh/dp/2955273805/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1465204491&sr=8-3&keywords=rencontre+avec+vincent

Merci de laisser un commentaire sur Amazon, cela me permettra de faire connaître mes écrits.

Croyez-vous en Sénèque ?

Je vois de notre vie une foule aveugle qui avance en titubant, quand l’un trébuche, il entraîne les autres vers le chaos. L’image est de Sénèque qui conclut  ainsi : «  Personne ne tombe dans l’erreur en ne se nuisant qu’à soi-même. On est la cause, on est responsable des errements d’autrui. »[1]

Pour illustrer cette citation je propose deux articles sur mon blog :

Une nouvelle que je vous offre : Camilla  qui fait partie du recueil en cours d’écriture: « Ils ne désirent guère que la paix. » et un historique de la 3 ème guerre mondiale ( 1980- ?).

[1] La vie heureuse, Sénèque, Arlea p. 17

CAMILLE, extrait de : Ils ne désirent guère que la paix, recueil à paraître.

Camille est ponctuelle, pour n’avoir aucune surprise, la veille de son entretien, elle vérifia les horaires de train sur l’appli de la SNCF.

Le lendemain matin, le train partit à l’heure malgré la grève. Tout allait bien sauf l’appréhension qui commençait à la harceler. Camille, vingt-cinq ans, boursière diplômée d’une école de commerce réputée, sortie première de sa promo, pratique couramment le français, -bien entendu puisque c’est la langue de son pays-, mais aussi l’anglais, l’arabe et le chinois. Avec ces atouts majeurs elle ne devrait pas se tourmenter pour trouver un job, pourtant, elle sait que l’entretien où elle se rend va se solder par un refus. Elle a ses raisons.

Ce jour-là, le train arriva à l’heure à sa destination, sans elle, car elle avait succombé à son angoisse, elle était descendue à la première gare et attendait le prochain train qui la ramènerait à la maison. Elle étouffait à l’idée d’affronter encore une fois une entrevue durant laquelle il faudrait qu’elle démontre ses qualités exceptionnelles dans le domaine du management, elle préférait d’ailleurs de loin dire « direction de personnel » mais il fallait sacrifier à la mode linguistique et elle s’y pliait.

Camille avait comme  toutes ses amies, un second handicap à surmonter : elle avait intérêt à se montrer motivée à mettre entre parenthèse sa vie de future épouse et mère. « On verra bien se disait-elle à ce sujet, d’abord mon indépendance financière, le reste viendra en son temps ! »

Finalement, demanderez-vous, pourquoi était-elle si angoissée cette jeune-fille ? La conjoncture économique ? Bah ! broutille ! Le lot commun. Alors, quoi ?

Camille s’appelle en fait Camilia. Camilia n’est pas blonde, elle possède une magnifique chevelure abondante noire avec des reflets auburn, des yeux noirs de geai qui ne mentent pas ; Camilia a cultivé un accent neutre ; elle ne s’appelle ni Dupont ni Dubois mais Ben Seden, qu’elle a maquillé en Seden. Camilia pour décrocher ses entretiens donne aussi l’adresse parisienne d’une copine, c’est une question de survie. Mais comment puis-je aller plus loin dans le mensonge ? La question tourmente Camilia et l’empêche de vivre.

Devant la barrière insurmontable de son origine, elle renonce peu à peu : elle avait affronté le premier rendez-vous, fui la salle d’attente au second, n’avait pas franchi la porte au troisième, fait demi-tour à la gare au quatrième, et les suivants elle était descendue du train de plus en plus tôt. Pourtant hier soir quand elle avait consulté l’appli de la SNCF, gonflée d’espoir, elle y croyait comme toutes les autres fois, Camilia.

Après avoir fait beaucoup d’efforts pour s’en sortir, (comme on dit communément), Camilia aujourd’hui est complètement découragée. Elle s’enferme dans sa chambre pour soigner son amertume.

Sa mère ne sait plus quoi penser ni qu’entreprendre pour l’encourager à continuer ses recherches d’emploi. Mo et Fati ses frangins constatent que quelque chose est cassé en elle, ils ne savent que faire pour la dérider. Son père comme à l’habitude est absent, absent de tout, même de sa vie à lui, alors comment pourrait-il s’intéresser à d’autres, même à ses enfants ?

  • Va au docteur, supplie Djamila.
  • Je ne suis pas malade, répond Camilia.
  • Il t’aidera à contrôler le stress.
  • Ce n’est pas moi qui ai besoin de me soigner. J’en ai marre moi, ils ne veulent pas me faire confiance. Je veux vivre, tu entends? J’en ai marre de comprendre, comprendre que tous mes copains de l’école ont trouvé du boulot et moi je moisis ici ; marre de me confronter aux regards condescendants ou agressifs ; j’en ai marre de cette vie de promesses et de compromis, pour rien, tu m’entends ? Pour rien ? Et puis, va dire au voisin qu’il baisse sa télé, j’ai la tête qui va exploser !

Camilia se bouche les oreilles, elle tourne brusquement le dos à sa mère et se précipite dans sa chambre, elle tourne la clé. Comme d’habitude, depuis des mois, un nouvel orage vient de passer, de plus en plus électrique, violent. Sa mère pleure dans la cuisine en se demandant comment calmer l’orage. Djamila sait que Camilia a raison, elle a le cœur gros pour elle et pour tous ses enfants qui n’ont d’autre avenir que de traîner dans les cours des immeubles après les promesses vaines de l’école. Elle a beau leur interdire de rester dans la rue à la sortie du college, les confiner à la maison à faire leurs devoirs, la pression de la société est là, écrasante. Djamila se sent écrasée par l’inéluctable défaite qui pèse sur eux.

Une heure après Camilia sort de sa chambre avec son sac à dos sur les épaules. Djamila est surprise.

  • Tu vas où ?
  • Je pars à Bruxelles, j’ai décroché un rendez-vous.
  • Quoi ?
  • Responsable du personnel chez Loréal, relations avec la Chine, le top !
  • C’est pas vrai! Tout ce que tu rêvais ! Djamila se sent tout à coup si légère. Tu vas dormir où à Bruxelles ?
  • Chez Fatiha, pas d’problème.
  • Mais t’as décroché une entrevue si vite ?
  • Oui, ils ont un congé de maladie sur les bras. Bise, Mom, le train est dans une heure à Gare du Nord.
  • Tu as de l’argent ?
  • Oui, t’inquiète, je vais me débrouiller. Embrasse Mo et Fati, je les appelle ce soir.
  • Donne-moi des nouvelles.

Djamila n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles, elle est heureuse, embrasse sa fille avec tout son amour maternel. En la serrant dans ses bras, elle lui adresse des bénédictions secrètes dans une fervente prière. Camilia est déterminée, un peu trop grave peut-être, mais c’est le stress.

Des nouvelles de Camilia, Djamila en a eu quelques mois plus tard après avoir versé bien des larmes douloureuses. Lors d’un attentat, elle découvrit sur l’écran de sa télé le portrait de sa fille. Les journalistes annonçaient qu’elle s’était fait exploser en pleine gare, Gare du Nord justement. Ils disaient « la terroriste ». Sa douce Camilia, son trésor de gaîté et de courage, une terroriste ! Djamila ni crut pas sur le moment, pourtant, à la faveur de la nuit, elle enjamba la balustrade du balcon.

Tous les voisins, jeunes et vieux, savaient que le sort des Ben Seden pouvait aussi être le leur. Ils fermèrent leurs fenêtres, à double tour, supportant à l’intérieur le fardeau de la haine qui enfle et les cauchemars qui hantent l’avenir de leurs enfants.

Ecrire, rêver, voyager et s'engager.